LA FINALE DU WORLD CLASS CANADA 2018 À MONTRÉAL

LA FINALE DU WORLD CLASS CANADA 2018 À MONTRÉAL


J’ai eu la chance d’assister à la finale canadienne du World Class Canada, qui a eu lieu au Fairmount Reine Elizabeth à Montréal, le 8 mai dernier. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec cet événement hyper-important dans le domaine, il s’agit d’une compétition annuelle de haut niveau, qui récompense les meilleurs bartenders dans une atmosphère de camaraderie fort agréable.

Le World Class a été lancé il y a neuf ans par Diageo, c’est-à-dire le géant mondial des spiritueux (qui possède également l’empire Guinness), derrière un nombre impressionnant de marques phares comme TanquerayCîrocSmirnoffCrown RoyalJohnnie WalkerCaptain MorganJosé CuervoBaileys et j’en passe. Depuis ses débuts, le World Class a accueilli plus de 300 000 bartenders de partout dans le monde : ce n’est pas rien !

World Class Canada: La compétition

Il y a d’abord des compétitions régionales intenses, qui couronnent les dix finalistes par pays. Cette année, ces derniers se sont réunis à Montréal pour trois jours d’affrontements qui ont témoigné de leur créativité hors pair et de leur passion pour les cocktails. La représentation des dix finalistes étaient d’emblée intéressante : trois femmes pour sept hommes. Quatre bartendersprovenant de Vancouver, un d’Edmonton, un de Toronto, deux de Montréal et deux d’Halifax. C’est donc assez facile de regarder vers l’Ouest pour voir venir les tendances et comprendre où les choses se passent !

Les deux québécoises étaient Katherine Boushel (finaliste canadienne pour une deuxième année consécutive), du Atwater Cocktail Club et Émilie Loiselle, du Nacarat au Reine Elizabeth. Une très grande représentation de la génération des Millennials. Beaucoup de gens au style unique et avec de superbes tatouages !

J’ai pu assister au dévoilement des quatre mixologues qui ont pu participer au défi final : Chris Enns et Katie Ingram de Vancouver, James Grant d’Edmonton et Émilie ! Il y avait beaucoup d’émotions dans l’air, puisque pour les participants c’était un moment culminant après plusieurs mois d’essais, d’efforts et de compétition.

Après un dernier round, c’est finalement Chris Enns, qui travaille au Fairmont Pacific Rim à Vancouver, qui s’est mérité le titre de champion canadien.

Le deuxième volet du World Class Canada 

Le deuxième volet de l’événement a été également fort intéressant : une discussion de groupe sur les tendances et perspectives en matière de cocktails. Le panel était composé de l’animatrice Lauren Mote, gagnante du World Class Canada en 2015 et bartender depuis 19 ans, de Jeff Bell, co-propriétaire des bars PDT à Manhattan et à Hong Kong, d’un représentant de Diageo, puis d’un représentant de l’entreprise CARA, le géant ontarien qui exploite de multiples franchises de restos et de bars au pays, incluant la chaîne St-Hubert et qui était là plutôt pour représenter les opérations à plus large échelle.

Sans contredit, la vedette de cette discussion de groupe était par contre la bartender Kaitlin Stewart, de Vancouver, qui s’est non seulement mérité le titre de championne canadienne en 2017, mais qui a également été couronnée à la finale mondiale du World Class ! Dans un sens, elle pourrait donc être considérée comme la meilleure bartender au monde. Et en personne, elle était incroyablement inspirante.

Tendances cocktails selon le Word Class Canada

La volonté de combiner le monde des cocktails/de l’alcool et celui de la nourriture, des foodies et des chefs. Le fait de travailler dans un bar qui sert également de la nourriture (ou qui fait partie d’un restaurant) est vu comme un grand avantage, non seulement à cause du dialogue entre le chef et le bartender qui peut s’installer, mais également à cause du plus grand pouvoir d’achat en termes d’ingrédients et de synergie possible. Kaitlin racontait que la cuisine de son établissement (le Royal Dinette) l’approche constamment pour réutiliser les restes dans ses cocktails : tiges de menthe, pulpe de rhubarbe, mais aussi des trucs un peu plus étranges comme des queues de champignons sauvages.

L’aspect « développement durable » a été le gros « buzz word » de la journée. Savoir d’où viennent les ingrédients. Améliorer les conditions de travail des gens qui produisent les alcools. Rendre la chaîne de distribution plus écologique.

Établir un dialogue, une relation avec les clients. Ce qui permet de leur raconter des histoires sur la provenance des ingrédients, de leur procurer une expérience, de les sortir de leur zone de confort et de les amener plus loin, en rendant la « culture des cocktails » accessible. De leur donner confiance aussi, afin qu’ils puissent faire de super cocktails à la maison.

La conscience : une volonté réelle d’avoir « un impact positif » dans le monde, en luttant contre la surconsommation d’alcool, en étant sensible aux conditions de travail des employés de bar, en considérant l’aspect environnemental et éthique, etc.

Un certain retour à la base. Après quelques années de créations totalement flyées, les bartenders souhaitent simplifier la liste d’ingrédients de leurs cocktails, en revenant vers les valeurs sûres.

Ce qu’on a bu !

Pendant la discussion, trois anciens gagnants du World Class Canada ont préparé des cocktails à déguster pour l’auditoire, qui représentaient bien à la fois leur créativité, ainsi que les tendances actuelles.

J’ai pu goûter à deux d’entre eux : le premier était à base de tequila Don Julio, avec un sirop simple à base de noyaux d’avocats (!), du jus de lime, un peu de mescal et de la menthe, tandis que le deuxième était à base de jus fraîchement pressés, (betterave jaune, carotte, gingembre et citron), avec du rhum Zacapa du Guatemala et du basilic. Très frais et intéressant !

La finale mondiale du World Class aura lieu à Berlin en octobre. Go Chris !

Crédits photos : Marie-Ève Laforte et World Class Canada sur Instagram

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